mardi 29 septembre 2009

"Separate reality", 5.12b (7b)

La fameuse, courte, mais surprenante longueur très photogénique de "Separate reality" est tout simplement démentielle. On en a pour ses biceps, ça tout le monde peut vous le garantir.
En quelques images, c'est du bonheur en barre.


lundi 28 septembre 2009

"Astroman", 5.11c (6c+), 350m à Washinton Column


Encore une magnifique voie dure dans notre panier et pas des moindres "Astroman". C'est la voie de référence en libre assez dure. Il y a deux catégories de grimpeurs au Yosemite (dixit Arnaud Petit), ceux qui ont fait cette voie et les autres. Car non seulement elle est difficile mais aussi elle fait peur, surtout la 7ème longueur, la "Harding slot", mondialement connue pour le combat physique pour arriver au relais.

C'est avec Ben et Sylvie que nous nous y sommes rendus, très tôt dans la matinée. Elle se situe sur Washinton Column, en face sud-est.

Au départ ça commence bien, on a pris un sac de hissage de 30L, afin de mettre les chaussures, des barres et 6 litres d'eau. Mais on s'aperçoit que nous n'avons pas de quoi hisser le sac, pas de minitrac, pas de bloqueurs, ni poignée jumard. Qu'à cela ne tienne, nous le ferons à l'aide d'un reverso et de nos petits bras.

D'entrée de jeu un grand dièdre de 50 m nous réveille. Le "Enduro Corner" avalé nous apercevons la fameuse goulotte du "Harding Slot", en effet elle fait peur.

C'est moi qui m'y colle. J'arrive au départ de la goulotte et là les choses se compliquent. Rentrer dedans est la partie la plus difficile de cette longueur, elle est lustrée par les tentatives et il est difficile de tirer sur quoi que ce soit. Une fois rentré, mon corps, bien que svelte, est mon ennemi. Ma tête touche à l'arrière ainsi que mon nez. Je dois me concentrer pour ne pas me laisser envahir par le stress. Car plus on stress, plus on respire, plus il est difficile de progresser. Mon buste tout entier touche le rocher de part et d'autre de la fissure. Je n'arrive plus à avancer, je suis littéralement coincé. Je suis obligé de vider un peu mes poumons pour réduire les frottements de mon corps sur le granit, mais rien n'y fait. Je sors, avec tristesse, le camalot numéro 6 afin de m'aider à monter. Je vais mettre une demi heure à gravir les 6/7 mètres étroits de la longueur. J'ai du perdre 5 litres en transpiration, mais je suis libéré d'être au relais.

Mes deux autres compagnons auront eux aussi du mal, mais Ben libère la longueur (cette fouine est taillée comme un sandwich SNCF, ça aide!!)

Il ne nous reste plus qu'a apprécier la belle escalade qui mène au sommet à présent que cette fichue longueur est faite.

Arrivé en haut nos corps sont épuisés, nos mains défoncées (par les fissures et le hissage) mais le sourire aux lèvres nous redescendons apaisés d'avoir réalisé cette belle croix.

Au fait un "bolt" ça ressemble a ça souvent au Yosemite, un petit trou de 2cm et un clou de 6mm enfoncé dedans. Ça fait franchement pas rêver.

Topo ici

Le Rostrtum "North Face", 5.11c (6c+), 260m

Dans cette falaise du Rostrum il y a de tout, de la fissure à doigts, à main, à poings, franches, ou bien évasées, ou encore des offwidth, des cheminées, des laminoirs, du dévers. En bref tout est ici.
Voilà une des plus belle voie de fissure que nous avons gravi à ce jour. De plus elle est toute la journée à l'ombre, et ça au Yosemite c'est très appréciable. Nous étions 2 cordées : Ben et Sylvie (sa copine) devant et Damien, Denis (un guide Chamoniard) et moî-même. 8 longueurs de pur bonheur, Houuu que Yeahhh !!! Il parait que c'est une bonne manière de voir s'il on peut tenter notre chance dans une voie plus soutenue, "Astroman", alors on l'a fait.

Mais quelle belle escalade !!!
Le topo du Rostrum


dimanche 27 septembre 2009

"The Prow" A2, C3, 450m à washinton Column

Et me voila reparti pour de l’artif avec Johanna cette fois ci. Dimanche 20 nous avons préparé le matériel, la nourriture et bien sûr la tactique pour aller le plus vite possible. Pour Johanna c’est son premier big wall en artif. Elle n’a jamais dormi sur portaledge, ni hissé de sacs. Je lui fait part de mon expérience et elle me fait confiance pour la logistique. Nous commençons le lendemain vers 5h00 du matin afin de faire l’approche et d’arriver avant d’autres cordées. Car ici le plus dur c'est d’être devant les autres afin de ne pas être ralentis. A l’attaque il y a un américain en solo qui n’a fixé qu’une longueur la veille, mais il nous dit qu’il ne peut aller plus loin car il s’est fait piquer par une guêpe à l’œil et son autre œil est aveugle. Du coup redescente pour lui et il nous donne 10 litres d’eau qu’il avait porté jusque là. Le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres. Au deuxième relais nous observons un deuxième soloiste, irlandais celui-ci. Mais lui ne nous gênera pas trop il a déjà 2 longueurs d’avance sur nous. Notre tactique, le premier jour, est de fixer 4 longueurs, en apportant avec nous tout le matériel technique et le soir redescendre dormir à Camp 4. Le lendemain, amener la nourriture et le reste de l’eau nécessaire pour tenir 2 jours en paroi. Nous avons prévu un jour de rab, c’est plus sûr.
Nous réussissons à fixer jusqu'à R4 puis nous redescendons. il est 16H00, c’est cool nous avançons bien. Nous avons même rattrapé le soloiste. Le lendemain nous refaisons l’approche avec le reste des affaires, hissons les sacs et portaledge et reprenons notre ascension de la veille. Nous nous arrêtons à R9 et dormons à R8 car une petite vire nous procure un peu plus de confort. Nous avons réussi aussi à doubler l’Irlandais, qui est complètement lyophilisé. Et oui il n’a pris que 3 litres d’eau par jour ce qui est très peu par rapport à la chaleur qu’il fait ces jours-ci (39/40°C). Nous avons pris 5 litres d’eau par personne et par jour et nous pensons finalement ne rester qu’un jour au lieu de deux dans la voie. Du coups nous lui donnons 7 litres, il nous remercie du fond du cœur et nous traite de gentleman. Le pauvre n’arrivais plus à parler tellement sa gorge était sèche.
Le lendemain nous sortons la voie vers 15h30 et prenons le temps au sommet. Nous avons réussi à tout faire en "Clean", c'est cool.Nous laissons encore un peu d’eau pour notre ami, ainsi que des friandises, Il sera sûrement heureux de voir ça.
Viens le temps de la redescente qui est, de source du topo, assez compliquée et très dangereuse, car exposée, s’il on dévisse. En effet il ne faut pas tomber. Le chemin longe une falaise et des passages en escalade en 3+/4 sont obligatoires, sauf que nous sommes chargés de sacs très lourds, 20 kg pour Johanna et 30kg pour moi (et oui elle ne pèse que 50 kg la petite demoiselle).
Arrivés en bas, elle appelle son petit copain et il nous ramène tout les 2 au camping. Et oui, elle n’est pas seule dans la vie cette petite plante.

"Hotline" 5.12a (7a+), 150m à Elephant Rock

Ce jour là les cotations annoncées sont de l’ordre de 5.12a (7a+ en France), du coup j’ai pris mes chaussons précis.
Pour accéder à la falaise, il faut traverser la rivière Merced et remonter dans une forêt un peu austère. Nous avons peur de rencontrer des ours alors nous ne traînons pas trop. Arrivés au pied de la voie le rocher est assez noir par rapport aux autres spot, mais la ligne est majeure et les fissures ont l’air démentielles. Ils s’agit souvent soit de fissures assez rectilignes et verticales, soit de dièdres ouverts. Ben commence les deux premières longueurs. La première ne pose pas trop de difficultés. Par contre la deuxième est nettement plus dure avec, chose peu commune ici, une traversée sur réglettes les pieds à plat. Personne ne réussi en enchaîner cette traversée. Étant le dernier je me prends le petit pendule …
Damien prends le relais par une belle fissure à main de 45 m de pur bonheur. Et déjà mes pieds me font mal. Vient mon tour de grimper en tête pour les 3 dernières longueurs, mais mes pieds sont foutus, je regrette d’avoir pris mes dragons pour cette journée. Une cheminée évasée et déversante m’attend. Le passage est difficile à déchiffrer et il m'a fallu me retourner complètement pour sortir de cette cheminée. Cette fois-ci, ça y est je crois que mes orteils sont cassés, tellement la douleur est intense. Nous arrivons finalement au sommet puis redescendons nous rincer un peu dans la rivière. Le plaisir procuré par l’eau fraîche sur mes pieds endoloris est très appréciable.
Au camping j’annonce à Johanna que je veux bien faire la voie d’artif à Washinton Column avec elle. En effet il me faut un jour de repos ou alors faire de l’artif pour reposer mes bras. Elle est ravie et moi aussi.

samedi 26 septembre 2009

"Central Pillar of Frenzy" 5.9 (5+), 200m

A la falaise de la veille nous rencontrons une jeune Suédoise qui fait de l'artif en solo sur une voie de libre. Nous lui proposons sans aucune arrière pensée de venir grimper en libre avec nous. Et c'est avec elle que je vais grimper une classique très jolie en 5+. Nous partons à 2 cordées dans cette magnifique voie de 5 longueurs.

La voie est démente malgré la première longueur très patinée. Johanna a un peu de mal, c'est sa toute première grimpe en fissure malgré son gros niveau en Europe (8a/b).

Je vous laisse juger par vous même.

Jeudi 17 septembre : Un jeudi noir pour moi

On s'est essayés à la couenne et je n'ai purement et simplement rien réussi à enchaîner ce jour là. J'ai eu le malheur de commencer par de l'offwidth et de la cheminée pas très large. La voie s'appelle "Generator Crack" et c'est de la baston intégrale sur "seulement 20 mètres". Après 3 essais de 45 minutes chacun, mon corps est vidé, j'ai du perdre quelques dizaines de litres de sueur, mes bras sont tuméfiés et je ressemble à un zombi.

Nous changeons de secteur et "Generator crack" à fait son travail. Un 7a+ facile me résiste à 2 reprises ; je commence à m'énerver. Puis je descend d'un gros cran dans la cotation pour essayer un 6a+, mais je n'arrive même plus à serrer une bouteille dans la main. Je suis au fond du gouffre, je n'ai plus de motivation et déjà mon corps réclame du repos. Je manque de m'endormir sur place mais je relativise l'échec par un manque certain d'expérience.

mercredi 16 septembre 2009

El Capitan : le rêve devenu réalité ...


El Capitan
Et voilà une de plus dans le panier et pas des moindre. On pensait se ballader dans cette voie d'après se que disent tout les gens qui l'on faite. Il faut quand même s'investir pour faire cette voie.

Jour de hissage, horrible !
Le Vendredi 11 nous sommes allés hisser les 3 sacs de hissage jusqu'à "Mammoth terrasse" qui correspond à la fin de la voie "Free Blast". Puis on a fixé 2 longueurs au dessus et dormi sur la vire.
La 17ème longueur, celle du ratata.
Le lendemain, le 12, nous avons gravi 6 longueurs de plus pour atteindre le head wall, là ou se trouve les difficultés. On a réussi à faire en clean les longueurs côté C3, ça c'était encourageant pour la suite. Je me suis même payer le luxe de tomber à la fin de la 17ème longueur. Et oui, j'ai clipper une vieille corde de 10mm en place avec un hexentric et j'ai du trop manger la veille, du coups elle a cédé lorsque je me suis hissé dessus.
Notre première nuit sur portaledge était plein gaz, en plein milieu de la paroi (R18).
video
(Petite vidéo de l'ambiance, le matin avec le vent en prime)
2ème bivouac au pieds des difficultés
Le dimanche 13 nous n'allons faire que 4 longueurs, il fait froid et un vent assez violent nous rafraîchit toute la journée.
Ben déséquipe une longueur
Ça fait bizarre après 8 jours de plein cagnard. On avait pris 4 litres d'eau par personne et par jour, cette journée on en a bu que 2 litres pour tous les 3.
La fameuse "Triple crack"
Les longueurs ne s'avalent pas aussi facilement que nous l'espérions mais nous y arrivons à bout, cette fois-ci en usant des pitons, trop peur sinon ! Nous redormons au 22ème relais, pareil plein gaz.
La fin des difficultés
Le 14 nous sommes rapide et les longueurs clefs sont derrière nous. On va enchaîner les 8 dernière longueurs qui mènent au sommet.
La première vire démente, la "chikenhead ledge"
On sort de nuit mais heureux d'être content pour cette première à El Capitan. On dort au sommet pour faire la longue descente de jour.

Le mardi nous redescendons en 2h30 et savourons notre croix au buffet à volonté à Curry village. Nous n'avons pas croisés d'ours et c'est tant mieux pour le moment.
La vision de rêve lors de la descente d'El Cap
Pour les jours à venir, c'est repos et couenne à cookie cliff.

vendredi 11 septembre 2009

Et de deux ...

Le free Blast est dans la poche. Au pied d'El Cap ça donne le ton pour les prochains jours. L'ambiance est énorme et le mur au dessus est magnifique.
Des ours sont passés au pied de la voie quelques instants après notre départ, ouf !
Notre corps commence à s'adapter au granit du Yosemite et ça c'est bon pour le restant du trip.
A dans 5 jours après notre retour du "Shield".
See you soon.

jeudi 10 septembre 2009

Et de une ...

A peine arrivés au Yosemite (le 05) nous faisons l'approche pour bivouaquer au pied du Half Dome, faute de place au Camp 4. Le mur est imposant, l'approche aussi. 3 heures de marche avec des sacs qui commencent a être lourds. L'objectif est de gravir les 23 longueurs de la "Regular route" à la journée. Cette voie, normale, ouverte en 1958 cote 7a+ max avec une majorité de 6a/b sur 560m. Bien entendu elle n'est qu'en pures fissures, plus ou moins larges voir extra larges.
C'était le test d'entrée pour savoir si nous étions dignes de séjourner dans la vallée du Yosemite. Le challenge a été atteint en 13h3 (le 07) mais nos mains et bras de pauvres européens ont bien souffert (normal, non !?). Nous avons re-dormis au pied, contents d'avoir réalisé cette magnifique voie.

Le lendemain, le 08 nous arrivons à nous installer au Camp 4, camping légendaire des grimpeurs du Yosemite, le moins cher par la même occasion (étrange dis donc...). Nous programmons les jours suivants et listons ce qui manque comme matériel et nourriture.
Le programme est le suivant :
  • Jeudi 10 : Ascension du "Free Blast", voie en libre commune a plusieurs voie d'El Capitan (Salathe, Free Rider, The Shield ...). Elle cote 7a max pour 300m d'escalade mythique au centre d'El Cap.

  • Vendredi 11 : Hissage des sacs au sommet du "Free Blast"pour faire "The Shield". C'est une voie d'artif majeure de la face. Juste à gauche du Nose dans un bombé lisse de dingue. Nous prévoyons 3 jours pou faire les 20 longueurs cote A2, si on utilise un marteau et C4 en clean climbing (sans marteau = sans pitons = PEUR !!!). Je suis assez motivé pour la deuxième option pour le fun, Ben et Damien beaucoup moins, on verra sur place. Mais je me suis suffisamment équipé en Cam Hook (sorte de crochet que l'on fait travailler dans les fissures évasées verticales), Rp'z (micro coinceurs asymétriques) et Alien Hybrid (friends avec des cam de différentes tailles pour rentrer dans les trou de pitons évasés). Donc il va falloir rentabiliser tous ça, nom de dieu !!!

En espérant que les photos vous fassent rêver un peu, je vous dit à très bientôt

En tout cas ont en prends pleins les yeux (et les bras)

fred, Ben et Damien